Selon le mouvement Ban Asbestos... «il existe des fibres et produits de remplacement sûrs pour toutes les applications de l'amiante, mais aucun nouveau matériau ne doit être mis en marché avant d'en avoir prouver l'innocuité.»
Parallèlement, les biologistes découvraient que «sur la foi des connaissances actuelles, les principales caractéristiques servant à déterminer les effets nocifs des fibres sont vraisemblablement : i) la longueur, ii) le diamètre, et iii) la durabilité et la persistance in vivo, c'est-à-dire la propriété de demeurer dans les tissus pour une période prolongée».(1)
On fait maintenant couramment appel à la notion dite des «3-D» (dose, dimension, durabilité) pour évaluer l'action biologique de toutes les fibres respirables. Le concept a été mis au point en Allemagne, par le professeur F. Pott qui, en 1987, s'en est servi pour formuler une hypothèse de travail sur les fibres cancérogènes. Il a proposé de «classer dans les substances cancérogènes toutes les fibres naturelles et synthétiques, dont le rapport longueur-diamètre est >5:1, si elles mesurent plus de 1µ et persistent dans les tissus pendant plus de 3 ans».(2)
Certains des matériaux modernes à base de fibres réfractaires possèdent exactement les caractéristiques utilisées par le professeur Pott pour déterminer le potentiel cancérogène. En fait, des expériences menées sur des animaux ont montré que ces matériaux sont des cancérogènes puissants, et ceci même à faible dose. Fabriquants et consommateurs reconnaissent les dangers que posent les matériaux de remplacement. Ainsi, une grande multinationale a mis au point son propre système de classement pour ses produits chimiques et a recommandé une valeur limite d'exposition à diverses fibres synthétiques. À ce chapitre, deux catégories ont été déterminées : d'une part, les substances C (majuscule), telles que les fibres de céramique réfractaire et les trichites de carbure de silicium ("whiskers"), qui sont probablement cancérogènes pour les humains; d'autre part les substances c (minuscule), qui sont potentiellement cancérogènes pour les humains, notamment le fibro-verre, le laine minérale, la pulpe Kevlar et les fibres de carbone respirables. En 1987, après avoir effectué un examen minutieux des données provenant d'expériences menées in vivo et in vitro sur des animaux, de même que les résultats des recherches épidémiologiques, l'Agence internationale de recherche sur le cancer (AIRC) a rangé certaines fibres synthétiques -- y compris, la laine de verre, la laine de roche, la laine de laitier et les fibres de céramique -- au nombre des substances «pouvant être cancérogènes pour les humains».(3) En 1993, une commission allemande, réunissant trois instances fédérales, a classé la fibre de céramique réfractaire parmi les substances «ayant un potentiel cancérogène connu pour les humains». D'autres fibres synthétiques, telle la laine de verre, ont été classées dans une nouvelle catégorie, soit celle des «substances devant être traitées comme si elles étaient cancérogènes pour les humains». Aux États-Unis, l'EPA a rangé les fibres de céramique réfractaire parmi les substances probablement cancérogènes.(4) La laine de verre compte parmi les substances «dont on peut raisonnablement s'attendre à ce qu'elles causent le cancer.»(5)
De toute évidence, on ne possède pas encore de données épidémiologiques sur les fibres mises au point plus récemment (aramides et autres polymères, fibres réfractaires et trichites), mais les résultats d'études expérimentales indiquent déjà qu'il faudra rigoureusement contrôler l'utilisation de ces produits.
Le plus récent document publié par l'IPCS porte sur les fibres organiques synthétiques et comprend la recommandation suivante. «Toutes les fibres respirables et biopersistantes doivent être soumises à des tests pour en déterminer la toxicité et la cancérogénicité. L'exposition à ces fibres doit être contrôlée suivant les critères qui s'appliquent à l'amiante, jusqu'à ce que l'on dispose de données permettant un contrôle moins strict. Les données disponibles indiquent que les fibres para-aramides font partie de cette catégorie. En outre, d'autres fibres organiques doivent être considérées comme des substances appartenant à la même catégorie, jusqu'à ce que l'on dispose de données indiquant qu'elles sont moins dangereuses.»(6)
Renvois : aucune mention d'article entériné par des scientifiques.
LES FAITS : de nombreux substituts sont cancérogènes et exigent des
La santé en question
Au cours des dernières décennies, on a constaté que, pour un rendement égal à celui des fibres d'amiante, les fibres de remplacement doivent leur ressembler en regard de la taille, de la durabilité et d'autres caractéristiques (soit la compatibilité avec le ciment, les plastiques, etc.).
Références :